La jeune femme était entrée dans une grande colère. Le traitant avec un air de cinglant mépris, lui prodiguant le sarcasme et même l’injure, elle lui avait fait honte de s’être livré sur une affirmation toute gratuite. Ses yeux dardaient de froids éclairs et sa bouche sifflait. Claude était arrivé sur ces entrefaites. Elle avait un instant abandonné Georges pour passer sa rage sur l’enfant.

— Eh ! bien ? demanda-t-il lorsqu’elle reparut.

— Je l’ai fouetté, répondit-elle, comme un chien qu’il est ! Là n’est pas la question. Qu’allons-nous faire ?

Il inclina la tête, se pinça la joue, poussa bruyamment quelques soupirs, et dut avouer que, pris de court par les circonstances, il n’y avait pas encore réfléchi.

— C’était pourtant le premier point à considérer ! Quand votre femme vous poursuivra de ses gémissements, nous n’en aurons guère le loisir.

— Puisqu’elle est partie ! répliqua Georges.

— Vous êtes encore plus bête que je ne pensais ! s’écria Lola hors d’elle-même. Croyez-vous donc que son départ soit définitif, qu’elle soit capable de s’enfuir en nous laissant Claude ?

— Il est revenu seul…

— Elle le suivra !

Tant d’assurance parut agir fortement sur Georges. Ses mâchoires se contractèrent, son front se plissa. A cette minute, se révoltait et grondait en lui l’égoïste souci d’une tranquillité que la fureur de sa maîtresse allait compromettre. Après avoir longtemps rêvé de quitter la Cagne emportant pour tout bien cette femme unique, il envisageait sans plaisir et redoutait presque de s’y voir obligé par les événements.