Elpémor fit entendre un petit rire sec. Puis, haussant les épaules, il s’éloigna.
— Mademoiselle, dit Denise sans marquer d’humeur, si vous voulez prendre la peine de m’accompagner, je vais vous conduire à votre chambre.
La maison était basse, toute en longueur, avec des contrevents vert foncé sur une façade ocre. Des arbres épars l’ombrageaient, la cime d’un marronnier dépassait son toit. Un pas donnait accès dans le vestibule où prenait naissance l’escalier. A l’unique étage, un corridor mal éclairé desservait les chambres.
Celle où Lola fut introduite était assez grande et occupait un angle de la bastide. Elle communiquait avec la pièce attribuée à Claude, changé d’appartement le matin même pour être désormais sous sa surveillance immédiate.
— Ici, Mademoiselle, vous êtes chez vous ! Si la moindre des choses vous fait défaut, n’hésitez surtout pas à me le faire dire.
La jeune fille remercia, chercha ses clés et se mit aussitôt à sa toilette.
Quand elle redescendit, au bout d’un quart d’heure, Claude était près de sa mère sous le marronnier. Il avait fallu le relancer au fond du jardin et le ramener presque de force. Les yeux maussades sous la broussaille des cheveux défaits, il regarda venir l’étrangère.
— Bonjour, petit ami, lui dit Lola.
Il répondit : « Bonjour », et tendit son front.
— C’est un affreux sauvage ! gronda Denise. Mademoiselle, ne faites pas attention à lui : vous le verrez bientôt s’apprivoiser.