— Non ! non ! J’ai réfléchi. Vous partirez seule. Je n’ai jamais été plus sûr de manquer ma vie, mais quelque chose, au fond de moi, m’empêche de vous suivre !

Denise reconnut la voix de Georges. Les paroles qu’il prononçait ne lui parvinrent pas.

Elle vit une lampe, le lit défait, des mains étendues ; puis comme une suite de souffles courts dans un froid matin et elle pensa que ses tympans allaient éclater sous le fracas, mêlé de cris, des détonations.

Alors elle jeta l’arme et courut chez Claude.

La porte était fermée intérieurement. Ses furieuses saccades l’ébranlèrent. La résistance qu’elle lui offrait la rendit plus folle.

Elle la pressait de son genou, la heurtait du poing, et elle criait le nom de Claude dans l’obscurité d’une voix pleine d’épouvante qui montait sans cesse.

Les domestiques, en arrivant, la trouvèrent ainsi.

Lorsque l’un d’eux l’eut emportée en pleine crise nerveuse, doux comme la plainte d’une jeune colombe, un sanglot perça. Ceux qui restaient se dirigèrent vers cette mélopée et découvrirent, à peu près nue, les mains rouges de sang, l’Impudente qui gémissait sur leur maître mort.

Décembre 1918–Juillet 1922.

ACHEVÉ D’IMPRIMER
LE 23 SEPTEMBRE 1923
PAR F. PAILLART A
ABBEVILLE (FRANCE).