Pour la bonté naturelle des Nègres, après tant d'autres témoins incontestables, on peut encore citer le respectable Niebuhr, qui, dans le Musée allemand[178], s'exprime ainsi:

«Le caractère des Nègres, surtout quand on les traite raisonnablement, est fidélité envers leurs maîtres et bienfaiteurs. Les négocians mahométans à Kahira, Dsjidda, Surate et ailleurs, achètent volontiers des enfans noirs, auxquels ils font apprendre l'écriture et l'arithmétique: leur commerce est presque exclusivement dirigé par ces esclaves, qu'ils envoient pour établir leurs comptoirs dans les pays étrangers.

Note 178:[ (retour) ] V. Deutsches Museum, 1787, t. I, p. 424.

Je demandois à l'un de ces négocians, comment il pouvoit livrer des cargaisons entières à un esclave? Il me répondit: Mon Nègre m'est fidèle; mais je n'oserois confier mon négoce à des commis blancs, ils s'éclipseroient bientôt avec ma fortune». Blumenbach, qui m'envoie ce passage, ajoute: Ainsi, on pourroit appliquer à nos protégés les pauvres Nègres, ces mots de Saint Bernard: Felix nigredo, quæ mentis candore imbuta est[179].

Note 179:[ (retour) ] Lettre de M. Blumenbach, du 6 février 1808, à M. l'évêque Grégoire, sénateur, etc.

Le docteur Newton raconte qu'un jour il accusoit un Nègre de fourberie et d'injustice; celui-ci lui répond avec fierté: Me prenez-vous pour un Blanc[180]? Il ajoute que sur les bords de la rivière Gabaon, les Nègres sont la meilleure espèce d'hommes qu'il ait connus[181]. Ledyard rend le même témoignage aux Foulahs, dont le gouvernement est absolument paternel[182].

Note 180:[ (retour) ] V. Thoughts upon te African slave trade, p. 24.

Note 181:[ (retour) ] V. An Abstract of the évidence, etc., p. 91 et suiv.

Note 182:[ (retour) ] V. Ledyard, t. II, p. 340.

Dans une histoire de Loango, on lit que si les Nègres, habitans des côtes, et fréquentant les Européens, sont enclins à la fourberie, au libertinage, ceux de l'intérieur sont humains, obligeans, hospitaliers[183]. Cet éloge est répété par Golberry. Il se récrie contre la présomption avec laquelle les Européens méprisent et calomnient ces nations, que nous appelons si légèrement sauvages, chez lesquelles on trouve des hommes vertueux, vrais modèles de tendresse filiale, conjugale et paternelle, qui connoissent tout ce que la vertu a d'énergique et de délicat; chez qui les impressions sentimentales sont très-profondes, parce qu'ils sont plus que nous voisins de la nature, et qui savent sacrifier l'intérêt personnel à l'amitié. Golberry en fournit diverses preuves[184].