Note 183:[ (retour) ] V. Histoire de Loango, par Proyart, 1776, in-8º, Paris, p. 59 et suiv.; p. 73.

Note 184:[ (retour) ] V. Fragment d'un Voyage en Afrique, par Golberry, 2 vol. in-8°, Paris 1802, t. II, p. 391 et suiv.

L'auteur anonyme des West indian eclogues[185] dut la vie à un Nègre qui, pour la lui sauver, perdit la sienne. Pourquoi le poëte qui, dans une note, rapporte cette circonstance, n'y a-t-il pas consigné le nom de son libérateur?

Note 185:[ (retour) ] In-4º, London 1787.

Adanson, qui visita le Sénégal en 1754, et qui en parle comme d'un élysée, en trouva les Nègres très-sociables, et d'un excellent caractère. Leur aimable simplicité, dans ce pays enchanteur, me rappeloit, dit-il, l'idée des premiers hommes; il me sembloit voir le monde à sa naissance[186]. En général, ils ont conservé l'estimable bonhomie des moeurs domestiques; ils se distinguent par beaucoup de tendresse envers leurs parens, beaucoup de respect pour la vieillesse, vertu patriarchale et presqu'inconnue parmi nous[187]. Ceux qui sont mahométans contractent une certaine alliance avec ceux qui ont été circoncis à la même époque, et se regardent comme frères. Ceux qui sont chrétiens conservent toute leur vie une vénération particulière pour leurs parrains et marraines.

Note 186:[ (retour) ] Adanson, p. 31 et 118. V. aussi Lamiral l'Afrique, et le peuple africain, p. 64.

Note 187:[ (retour) ] Demanet, p. 11.

Ces mots rappellent une institution sublime que la philosophie envioit dernièrement au christianisme; cette espèce d'adoption religieuse répand sur les enfans des relations d'amour et de bienfaisance qui, dans le cas éventuel et malheureusement trop fréquent, où, en bas âge, ils perdroient les auteurs de leurs jours, prépare aux orphelins des conseils et un asile.

Robin parle d'un esclave à la Martinique, qui ayant gagné de quoi se racheter, préféra de racheter sa mère[188]. L'outrage le plus sanglant qu'on puisse faire à un Nègre, c'est de maudire son père ou sa mère[189], ou d'en parler avec mépris. Frappez-moi, disoit un esclave à son maître, mais ne maudissez pas ma mère[190]. C'est de Mungo-Park que j'emprunte ce fait et le suivant. Une Négresse ayant perdu son fils, son unique consolation etoit de penser que cet enfant n'avoit jamais dit un mensonge[191]. Casaux raconte qu'un Nègre voyant un Blanc maltraiter son père, enleva vite l'enfant de ce brutal, de peur, dit-il, qu'il n'apprenne à imiter sa conduite.

Note 188:[ (retour) ] V. Robin, t. I, p. 204.