Note 231:[ (retour) ] V. Voyage à la Cochinchine, etc., t. I, p. 289 et suiv.
Note 232:[ (retour) ] Ibid., p. 319 et suiv.
Note 233:[ (retour) ] V. Fragment d'un voyage, etc., t. II, p. 400.
Des colons reprochent aux Nègres marrons, si improprement appelés rebelles, soit de Surinam, soit de la montagne bleue à la Jamaïque, de n'avoir pas organisé un État qui, en restreignant la liberté individuelle, assureroit la liberté sociale. Tout ce qu'on vient de lire est une réponse anticipée à cette objection. Se pourroit il que les arts de la paix fussent cultivés par une troupe fugitive, toujours cachée dans les forêts et les marais, toujours occupée à se nourrir et à se défendre contre ses oppresseurs, qui sont les véritables révoltés?... oui, révoltés contre tous les sentimens de la justice et de la nature.
On objectera peut-être encore que les Nègres de Haïti n'ont pu, jusqu'à présent, asseoir parmi eux une forme stable de gouvernement, et qu'ils se déchirent de leurs propres mains. Mais dans le cours orageux de notre révolution, sacrée dans ses principes, calomniée par ceux dont les efforts sont parvenus à la dénaturer dans sa marche et ses résultats, n'a t-on pas vu tous les genres de cruauté? N'avoit-on pas, suivant l'expression d'un député, mis la nation en coupe réglée, et allumé un volcan qui a dévoré plusieurs générations? La main de l'étranger a souvent agité parmi nous les tisons de la discorde; c'est un fait qui n'est pas problématique. En 1807, un écrivain anglais maudissoit encore la perversité rafinée, par laquelle les gouvernemens européens ont, dit-il, vicié et infernalisé l'esprit de cette révolution française, dont le but étoit louable, mais qu'ils ont envisagée comme Satan envisageoit le paradis[234]. Qui peut douter que des mains étrangères n'en ayent fait autant à Saint-Domingue? Six mille Nègres et Mulâtres se joignirent autrefois aux Caraïbes, concentrés dans les îles de Saint-Vincent et la Dominique. Ces Caraïbes noirs, sont robustes et fiers de leur indépendance[235]; toutes les données acquises sur leur compte par des hommes qui les ont fréquentés, portent à croire que leur état social se perfectionneroit rapidement, s'ils ne redoutoient avec raison la rapacité de l'Europe, et s'ils pouvoient goûter en paix les fruits de leurs champs qu'ils auroient cultivés sans trouble. Depuis un siècle, ils luttent sans relâche contre les élémens et les tyrans.
Note 234:[ (retour) ] V. Le Critical Review, avril 1807, p. 369.
Note 235:[ (retour) ] V. De l'influence de la découverte de l'Amérique sur le bonheur du genre humain, par Le Gentil, in-8°, Paris 1788, p. 74 et suiv.
La province de Fernanbouc, dans l'Amérique méridionale, a vu un corps politique formé par des Nègres, que Malte-Brun appelle encore rebelles, révoltés, dans un Mémoire curieux sur le Brésil, d'après Barloeus et Rochapitta, l'un Hollandais, l'autre Portugais, et qui est inséré dans sa Traduction de Barrow[236].
Note 236:[ (retour) ] Gaspari Barlaei, rerum per Octennium in Brasilia gestarum historia, in-fol., 1647, Amsterdam, p. 243, etc. Rocha pitta, America portugueza, l. VIII. Voyage à la Cochinchine, t. I, p. 218 et suiv.
Entre les années 1620 et 1630, des Nègres fugitifs, unis à quelques Brasiliens, avoient formé deux États libres, le grand et le petit Palmarès, ainsi nommés de la quantité de palmiers qu'ils avoient plantés. Le grand Palmarès fut presqu'entièrement détruit par les Hollandais en 1644. L'historien portugais, qui paroît avoir ignoré, dit Malte-Brun, l'ancienne origine de ces peuplades, prend leur restauration en 1650, pour leur commencement réel.