Note 269:[ (retour) ] Par P.M.C. Sang-mêlé, in-8°, chez Baudoin.

Note 270:[ (retour) ] V. surtout, la véritable origine des troubles de Saint-Domingue, par Raymond.

J'aurois pu nommer la Négresse Belinda, née dans une contrée charmante de l'Afrique; elle y fut volée à douze ans, et vendue en Amérique. Quoique pendant quarante ans j'aye servi, dit-elle, chez un colonel, mes travaux ne m'ont obtenu aucun soulagement; âgée de soixante-dix ans, je n'ai pas encore joui des bienfaits de la création. Avec ma fille, je traîne le reste de mes jours dans l'esclavage et la misère; pour elle et pour moi, je demande enfin la liberté. Telle est la substance du mémoire qu'elle adressa, en 1782, à la législature de Massachusetts. Les auteurs de l'American Museum[271] ont recueilli cette pièce écrite sans art, mais dictée par l'éloquence de la douleur, et par là même plus propre à émouvoir les coeurs.

Note 271:[ (retour) ] V. t. I, p. 538.

J'aurois pu nommer encore César, Nègre de la Caroline du nord, auteur de diverses pièces de poésies imprimées, et qui sont devenues des chants populaires, comme celles du valet de charrue Bloomfield.

Les écrivains nègres sont en plus grand nombre que les Mulâtres, et ils ont en général montré plus de zèle pour venger leur compatriotes africains; on en verra des preuves dans les articles d'Amo, Othello, Sancho, Vassa, Cugoano, Phillis-Wheatley. Mes recherches m'ont mis à portée de faire connoître d'autres Nègres, dont quelques-uns n'ont pas écrit, mais à qui la supériorité de leurs talens et l'étendue de leurs connoissances ont acquis de la renommée; dans le nombre on trouvera seulement un ou deux Mulâtres. Marcel, directeur de l'Imprimerie impériale, qui a donné au Caire une édition de Loqman[272], croit que ce fabuliste esclave étoit Abyssin ou Éthiopien; conséquemment, dit-il, un de ces Noirs à grosses lèvres et à cheveux crépus, tirés de l'intérieur de l'Afrique; que, vendu à des hébreux, il gardoit des troupeaux en Palestine. L'éditeur présume que Ésope, Aisopos, qui n'est guère qu'une altération du mot Aithiops, Éthiopien, pourroit être le même que Loqman[273]; cette conjecture est trop vague. Parmi ces fables qu'on lui attribue, la dix-septième et la vingt-troisième concernent des Nègres; mais l'auteur l'étoit-il? C'est un Problème.

Note 272:[ (retour) ] V. Fables de Loqman, etc., in-8°, au Caire 1799.

Note 273:[ (retour) ] V. La Notice de l'éditeur, p. 10 et 11.

En partant de la même hypothèse, on pourroit joindre à Loqman tous les Éthiopiens distingués dont l'histoire a conservé les noms, et surtout cet abbé Grégoire qui, venu en Europe vers le milieu du dix-septième siècle, visita l'Italie, l'Allemagne, fut très-accueilli à la cour de Gotha, et périt dans un naufrage, en voulant retourner dans sa patrie. Il a été trop vanté peut-être par Fabricius, la Croze et Ludolphe[274]; ce dernier acquittoit la dette de la reconnoissance envers un homme qui lui avoit été très-utile pour apprendre la langue et l'histoire d'Éthiopie. Dans son Commentaire sur cette histoire, Ludolphe a inséré le portrait de l'abbé Grégoire, gravé par Heiss en 1691, c'est vraiment la figure d'un Nègre[275]. Tel étoit aussi le peintre Higiemond, sur lequel on va lire une notice.

Note 274:[ (retour) ] V. Salutaris lux Evangelii, etc., par Fabricius, p. 176 et suiv. Histoire du christianisme des Iudes, par la Croze, in-8°, la Haye 1739, p. 73. Jobi Ludolfi, Historia aÉthiopica, in-fol., Francofurti ad Moenum 1681.