Il me semble qu'alors du haut de l'empyrée, s'incline un chérubin à la face sereine, qui lui répond: «Ton fils habite la région céleste, essuie tes pleurs, et prépare-toi à le suivre». Que cet espoir amortisse tes douleurs, et change tes complaintes en cris d'allégresse. Sur l'aile de la foi élève ton ame à la voûte du firmament, où mêlant sa voix à la voix des purs esprits, cet enfant fait retentir les cieux de concerts inspirés par le bonheur. Cesse d'accuser le régulateur des Mondes; interdis à ton ame des murmures désormais coupables; converse avec la mort comme avec une amie, puisqu'elle l'a conduit au port de la félicité; résigne-toi avec joie à l'ordre de Dieu, il reprend un trésor que tu croyois ta propriété, et dont tu n'étois que le dépositaire. A ton tribunal oserois-tu citer la sagesse éternelle?

Hymne du matin[337].

Note 337:[ (retour) ]

An hymn to the morning.

Attend my lays, ye ever honour'd nine,

Assist my labours, and my strains refine;

In smoothest numbers pour the notes along,

For bright Aurora now demands my song.

Aurora, hail, and all the thousand dies,

Which deck thy progress through the vaulted skies:

The morn awakes, and wide extends her rays,

On ev'ry leaf the gentle zephyr plays;

Harmonious lays the feather'd race resume,

Dart the bright eye, and shake the painted plume.

Ye shady groves, your verdant gloom display

To shield your poet from the burning day;

Calliope, awake the sacred lyre,

While thy fair sisters fan the pleasing fire;

The bow'rs, the gales, the variegated skies

In all their pleasures in my bosom rise.

See in the east th' illustrious king of day!

His rising radiance drives the shades away;

But Oh! I feel his fervid beams too strong,

And scarce begun, concludes th' abortive song.

Secondez mes efforts, montez ma lyre, inspirez mes chants, nymphes révérées du Permesse. Répandez sur mes vers une douceur ravissante, je célèbre l'Aurore.

Salut brillante avant-courrière du jour; une décoration majestueuse et nuancée de mille couleurs annonce ta marche sous la voûte éthérée; la lumière s'éveille, ses rayons s'emparent de l'espace; le zéphir folâtre sur les feuillages; la race volatile lance ses regards perçans, agite ses ailes émaillées, et recommence ses harmonieux concerts.

Verdoyans bocages, déployez vos rameaux, prêtez au poëte vos ombrages solitaires pour le protéger contre les ardeurs du soleil. Calliope, fais résonner ta lyre, tandis que tes aimables soeurs attisent le feu du génie. Les dômes de verdure, les vents frais, le spectacle bigarré des cieux font affluer tous les plaisirs dans mon ame. De l'Orient s'avance avec pompe le dominateur du jour, à son éclat les ombres s'enfuient; mais déjà ses feux embrasent l'horizon, étouffent ma voix, et mes chants avortés se terminent forcément au début.

Au comte de Dartmouth[338].

Note 338:[ (retour) ]

To the right honorable William, earl of Dartmouth, his majesty's principal secretary or state for north America, etc.

Hail, happy day, when, smiling like the morn,

Fair Freedom rose New England to adorn:

Long lost to realms beneath the northern skies

She shines supreme, while hated faction dies.

Soon us appear'd the Goddess long desir'd

Sick at the view, she languish'd and expir'd.

Thus from the splendors of the morning light

The owl in sadness seeks the caves of night.

No more, America, in mournful strain

Of wrongs, and grievance unredress'd complain,

No longer shalt thou dread the iron chain,

Which wanton Tyranny with lawless hand

Had made and with it meant t' enslave the land.

Should you, my lord, while you peruse my song,

Wonder from whence my love of Freedom sprung,

Whence flow the wishes for the common good,

By feeling hearts alone best understood,

I, young in life, by seeming cruel fate

Was snatch'd from Afric's fancy'd happy seat:

What pangs excruciating must molest,

What sorrows labor in my patents' breast?

Steel'd was that soul, and by no misery mov'd,

That from a father seiz'd his babe belov'd:

Such, such my case. And can I then but pray

Others may never feel tyrannic sway? etc., etc.

SALUT heureux jour, où, brillante comme l'aurore, la liberté sourit à la nouvelle Angleterre... Long-temps exilée des régions boréales, elle revient embellir nos climats. A l'aspect de la déesse si long-temps désirée, l'esprit de factions est terrassé, il expire. Tel, effrayé par la splendeur du jour, le hibou s'enfuit dans les antres solitaires, pour y retrouver la nuit.

Amérique, ils seront enfin réparés ces torts, ils seront expiés ces outrages, l'objet de tes lugubres doléances. Ne redoute plus les chaînes forgées par la main de l'insolente tyrannie, qui se promettoit d'asservir cette contrée.