JUGE 11e. Ahialon (Elon) de Zabulon lui succéda, et il jugea Israël pendant dix ans; et, étant mort, il fut enseveli à Ahialon, dans le pays de Zabulon.

JUGE 12e. Abdon, fils d'Illel de Pharathon, fut après lui juge d'Israël pendant huit ans; et étant mort, il fut enseveli à Pharathon, au pays d'Ephraïm, sur la montagne d'Amalec. Les enfants d'Israël commirent encore le mal aux yeux de l'Éternel, qui les livra aux mains des Philistins pendant quarante ans. Alors il appela cette fois encore un héros à leur secours pour les affranchir du joug accablant des Philistins.

JUGE 13e. Samson (Schimschon) était le nom de ce héros. Cet homme était doué d'une force si prodigieuse qu'un jour il mit en pièces un jeune lion furieux qui venait à lui. Il causa beaucoup de pertes aux Philistins en leur faisant continuellement la guerre. Un jour il prit trois cents renards qu'il lia deux à deux par la queue en y attachant des flambeaux, et, les ayant allumés, il chassa les renards, afin qu'ils courussent de tous côtés. Ils allèrent courir au travers des blés des Philistins, et y ayant mis le feu, les blés qui étaient déjà en gerbes, et ceux qui étaient encore sur pied, furent brûlés; et le feu même se mettant dans les vignes et dans les plants d'oliviers, consuma tout. Une autre fois il tua mille hommes, armé seulement d'une [pg 130] mâchoire d'âne. Il prit, un jour, les deux portes de la ville d'Aza, les mit sur ses épaules, et les porta sur le haut d'une montagne voisine.

Après avoir ainsi vengé son peuple des Philistins, il se laissa entraîner par une femme des Philistins, nommée Délila, qui le trompa en lui arrachant le secret de sa force surnaturelle. Comme cette femme l'importunait sans cesse, il ne put lui résister, et lui découvrant son secret, il lui dit: Le rasoir n'a jamais passé sur ma tête, parce que je suis nazaréen, c'est-à-dire, consacré à Dieu dès le ventre de ma mère. Si l'on me rase la tête, toute ma force m'abandonnera, et je deviendrai faible comme les autres hommes. Elle attendit donc qu'il se fût endormi, fit alors raser les sept touffes de ses cheveux et le livra de cette manière aux mains des Philistins ses ennemis. Ceux-ci l'ayant pris, lui arrachèrent aussitôt les yeux; et, l'ayant mené à Aza chargé de chaînes, ils l'enfermèrent dans une prison, où ils lui firent tourner la meule d'un moulin. Or, ses cheveux commençaient déjà à revenir, Samson ayant alors prié l'Éternel de lui rendre sa première force, il prit les deux colonnes d'une maison dans laquelle beaucoup de Philistins s'étaient assemblés pour faire des festins de réjouissance à leur dieu Dagon, et s'étant emparé de ces deux colonnes sur lesquelles la maison était appuyée, il les ébranla fortement et la maison tomba sur tous ces Philistins et sur Samson lui-même. Ses frères et tous ses parents étant venus en ce lieu, prirent son corps, et l'ensevelirent entre Saraa et Esthaol, dans le sépulcre de son père Manué (Manoach), après qu'il eut été juge d'Israël pendant vingt ans.

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REMARQUE GÉNERALE.

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État du peuple israélite à l'époque des juges.

Dans ce temps-là, comme nous venons de le voir, il n'y avait pas encore de rois en Israël; chacun faisait ce que bon lui semblait. Or partout où la religion et la justice ne sont protégées par aucun pouvoir, le méchant fait ce qu'il veut, et toute la société humaine tombe dans l'iniquité et la honte. La nation manquait d'unité; des tribus, des villes même agissaient de leur propre autorité. L'arche d'alliance déposée par Josué à Silo, n'était pas en état seule de maintenir le peuple dans son ensemble. Il y en avait très-peu qui se rendissent à Silo avec leurs offrandes; on préférait sacrifier dans la localité sans l'assistance des prêtres. Il en résulta que ceux-ci s'appauvrirent, l'enseignement de la loi de Dieu ne se donna plus, la plus grande ignorance et l'oubli de Dieu se répandirent partout, et ce qui avait particulièrement contribué à ce résultat, c'était la faiblesse qu'on avait montrée à l'égard des peuples idolâtres en ne les dépossédant pas du pays, d'après la volonté de l'Éternel dans la loi de Moïse. Il est donc évident par tout cela, qu'Israël devait nécessairement se trouver dans un triste état, et c'est en nous rappelant seulement quelques événements arrivés à cette époque, que nous en reconnaissons la profonde dépravation. Ainsi le simulacre de Micha; l'abomination des Benjaminites. [pg 132] Il fut donc déterminé par la sagesse divine que cette condition devait cesser, et en effet elle ne se prolongea que pendant la vie du juge suivant, l'avant-dernier et dont le nom était Éli, pontife. JUGE 14e.