Note 6:[ (retour) ] C'est à propos de ces affaires de Tichitt, qu'Ernest Psichari nous écrivait d'Amijenjer, le 21 février 1912:

«Notre mois de janvier a été occupé par des opérations intéressantes qui se sont déroulées avec une grande rapidité. Il s'agissait d'aller nous montrer à Tichitt, ksar important situé à 200 kilomètres Est de Fort-Coppolani, et dans lequel nous n'avions pas encore mis les pieds. L'intérêt de cette manifestation était d'occuper un des derniers repaires des dissidents de Mauritanie, et leur hôtellerie ordinaire.

«Le 10 décembre, je procédais—dans un coin étonnant de l'Adrar—à l'arrestation d'un chef, quand je reçus par un courrier rapide l'ordre de me rendre au peloton méhariste du Tagant, mon ancien pays. J'y arrivai à la fin de décembre, presque en même temps que le colonel Patey qui venait prendre le commandement de la reconnaissance sur Tichitt.

«Le 2 janvier, nous étions sur la route de Tichitt, marchant d'ailleurs à toute allure, comme le permettait la légèreté de la troupe: rien que des troupes méharistes et cent hommes à pied.

«Le 10, une partie de la reconnaissance (méharistes de l'Adrar, sous les ordres du capitaine Beugnot), part en avant-garde, fait une marche forcée jusqu'à Tichitt, et y tombe le 13 au matin, sur un paquet de dissidents. Sept, parmi lesquels des chefs importants, sont tués. L'ancien sultan de l'Adrar, Sid Ahmed ould Ahmed Aïda, blessé, est fait prisonnier. Gros succès, grand effet moral sur les Maures.

«J'arrivais personnellement à Tichitt le 14, avec le peloton méhariste du Tagant. Le 15, le colonel me donnait le commandement d'un razzi de vingt hommes, avec mission d'aller ramasser des campements dans les dunes du sud de Tichitt. À partir de ce moment, je suis mon maître, et j'en profite pour faire des opérations sinon fructueuses au point de vue général, du moins intéressantes pour moi, parce que je suis en contact avec des marabouts fanatiques que je fais causer.

«Ces mouvements dans les dunes d'Aouker allaient prendre fin quand j'eus le bonheur de tomber sur une bande de dissidents. Je les atteignais, le 21, dans un chaos de rocs très pittoresques, mais rendant le contact très dur. Deux tués et un blessé chez l'ennemi, un tué chez moi, après une journée éreintante, mais honorable.»

C'est, en effet, après cette journée que le lieutenant Ernest Psichari fut cité à l'ordre du jour de l'armée. On trouve un beau récit de ce combat dans l'Appel des Armes, pages 309 et suivantes.

Note 7:[ (retour) ] Voir l'Illustration, numéro de Noël 1915. Le Voyage du Centurion vient de paraître en volume à la librairie Conard, avec une préface de Paul Bourget.

Note 8:[ (retour) ] Lettre à Ed. Trogan, Le Correspondant, 25 novembre 1914.