C'est alors que le Jérémie, qui se baissait à l'avance pour passer sous les arcs de triomphe dont il jalonnait son chemin, commence le second couplet de sa lamentation.
—Ô public crétin!
Quant à la presse, elle demeure silencieuse, ou, forcée par des sollicitations, elle détachera sur le nez de l'auteur une dédaigneuse pichenette.
C'est alors que le Jérémie s'écriera par toute la ville, en agitant ses grands bras:
—Ô critique zoïle!
À compter de ce moment, le Jérémie n'a plus qu'une jouissance et qu'un bonheur dans le monde.
Justement châtié dans sa vanité et dans son impuissance, s'il connaît un endroit où l'on travaille, il ira chaque jour y traîner son désœuvrement découragé, et répéter de sa plus dolente voix:
—À quoi bon se donner tant de mal? qui est-ce qui se préoccupe de l'art aujourd'hui? quel est le sort des poëtes dans une société où le veau d'or est roi? Souviens-toi de Gilbert, de Malfilâtre, et de tant d'autres,—sans me compter moi-même.
Ô muse marâtre!
Ô public crétin!