*
* *

Aujourd'hui, à quatre heures, j'ai été pris dans la rue d'une attaque de spleen foudroyant. C'est une espèce de suie morale qui s'attache à toutes vos idées. Il n'est pas de distraction qui puisse vous ramoner l'âme. Il n'y a qu'un remède à ce mal-là:—c'est le départ. Je fais ma malle,—ce ne sera ni long ni lourd.

*
* *

L'ami qui me reconduit au chemin de fer m'a glissé dans la poche, en me quittant, une nouvelle à la main anglaise.

Il y a deux jours,—comme il avait fait mauvais temps et que le macadam avait délayé la boue dans la rue, un de ces industriels de la rue avait imaginé de tracer dans Regent-street un chemin praticable pour les piétons.—Chaque personne qui passait lui donnait un penny. Vers la fin du jour, et comme il avait amassé une assez belle recette, le balayeur, ayant quitté la place, prit son balai, et se mit à détruire son travail du matin, en effaçant le passage qu'il avait tracé au milieu de la boue.

—Et bien! lui dit mon ami qui à la même heure mettait les volets à son magasin, que faites-vous donc là?

—Mais je fais comme vous.—je ferme ma boutique. Un gamin de Paris aurait-il mieux dit!

En arrivant à la station de Folkestone où je dois m'embarquer, j'ai acheté pour lire, pendant la traversée, les numéros du Cours de littérature où se trouve l'éloge d'Alfred de Musset par M. de Lamartine.

*
* *

Ah!