Sur le boulevard, où il se promenait pour la première fois après dix ans d'absence, l'avocat S..., autrefois journaliste, rencontra, parmi ses anciennes connaissances, M. M..., avec lequel il avait été très-lié autrefois.

—Eh! cher ami, que je suis content de vous voir,—vous allez me donner un renseignement,—qu'est-ce qu'on me dit là-bas que vous avez fait une grosse fortune?

—Eh! cher ami, répondit modestement M. M..., il faut bien faire quelque chose.

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Les personnes qui s'occupent des choses du théâtre se rappellent sans doute qu'il y a quelques années une scène de vaudeville était dirigée par un Asiatique bizarre,—qui a laissé dans sa carrière administrative un recueil de souvenirs à faire passer la mémoire d'Harpagon et du père Grandet.

Dans un ouvrage que l'on montait sur son théâtre, on avait engagé un chien, dont tout le rôle consistait à aboyer deux ou trois fois dans la coulisse, au milieu d'une scène dramatique.

Mais la veille de la représentation, à la répétition générale,—le chien manque son entrée.

L'Asiatique en question, qui parlait le français des nègres, se mit alors dans une de ces colères qui l'ont rendu à tout jamais mémorable:

—Chien! ou est chien? s'écrie-t-il en fureur.

—Moi pas trouver, dit le régisseur, obligé, pour se faire comprendre, de parler l'idiome de son directeur.