—Non, Mimi, répondit Rodolphe, seulement j'ai du chagrin à vous revoir ainsi.

—C'est ma faute, Rodolphe, je ne me plains pas; ce qui est passé est passé, n'y songez pas plus que moi. Est-ce que vous ne pourriez plus être mon ami, parce que vous avez été autre chose? Si, tout de même, n'est-ce pas? Eh bien, alors, ne me faites pas mauvaise mine, et venez vous mettre à table avec nous.

Elle se leva pour aller le prendre par la main, mais elle était si faible, qu'elle ne put faire un pas et retomba sur la chaise.

—La chaleur m'a engourdie, dit-elle, je ne peux pas me tenir.

—Allons, dit Marcel à Rodolphe, viens nous faire compagnie.

Le poëte s'approcha de la table et se mit à manger avec eux. Mimi était très-gaie.

Quand le frugal souper fut terminé, Marcel dit à Mimi:

—Ma chère enfant, il ne nous est pas possible de vous faire donner une chambre dans la maison.

—Il faut donc que je m'en aille, dit-elle en essayant de se lever.

—Mais non! Mais non! s'écria Marcel, j'ai un autre moyen d'arranger l'affaire; vous allez rester dans ma chambre, et moi j'irai loger avec Rodolphe.