—Est-ce tout? demanda Fanny qui ne savait pas si Tristan se moquait d'elle.

—Ce n'est pas tout, reprit celui-ci. Pendant deux mois de l'hiver vous irez travailler,—ou du moins dans la maison où vous serez censée travailler,—vêtue seulement d'une vieille petite robe d'indienne bleue semée de pois blancs.

—Mais j'aurai froid.

—Certainement, d'autant plus que pendant ces deux mois d'hiver vous ne ferez pas de feu dans votre chambre.

—Ah! dit Fanny, j'ai connu des gens singuliers, mais votre ami les surpasse; le comte de Rouvres me paraît un être ridicule. Pourquoi ne me propose-t-il pas tout de suite de me couper la tête pour la faire encadrer comme étant le portrait de sa maîtresse?

—Il y a pensé, dit tranquillement Tristan.

—Et après? reprit Fanny. Est-ce là tout?

—C'est tout, dit Tristan.

—Voilà ce qu'il exige? Et moi, que puis-je exiger en échange de cette comédie, si je consens à la jouer?

—Le comte de Rouvres vous offre le traitement d'un ministre: cent mille francs par an!