La fraîcheur de l'air tira un instant Olivier de son presque évanouissement. Il regarda autour de lui.
—Où est Marie? demanda-t-il.
—Elle est retournée chez elle, chez moi, répondit Urbain brièvement.
—Chez elle... chez toi... murmura machinalement Olivier.... C'est donc vrai... chez elle... chez toi?...
—Eh bien, oui, puisque nous demeurons ensemble. Après?... Est-ce tout ce que tu as à me dire?
Olivier parut chercher une réponse, mais sa pensée était pour ainsi dire asphyxiée par sa douleur, et sa parole, noyée dans les larmes, n'arrivait pas jusqu'à sa bouche.
—Que dire à cela? murmura Urbain, j'aimerais mieux une querelle. Mais des pleurs ici, des pleurs là-bas sans doute; que le diable les emporte tous les deux!—Si ce qui arrive est arrivé, c'est autant la faute de Marie que la mienne;—d'ailleurs—c'était dans ma chambre. Voyons, dit-il en secouant Olivier, parle-moi, accuse-moi.... Je me défendrai si je veux.... Marie est ma maîtresse, eh bien, oui! c'est vrai... elle était bien la tienne!
Olivier n'entendait pas,—il avait un millier de cloches dans la tête, qui toutes lui donnaient ce nom, Marie. Sa bouche se contractait horriblement, et il paraissait souffrir comme s'il eût mâché des charbons ardents. C'était une espèce d'apoplexie du désespoir.
—Mais parle-moi donc! s'écria Urbain.
—Oh! oh! fit Olivier... en tombant aux genoux du peintre... je t'en supplie... mène-moi voir Marie;—et il retomba dans son insensibilité.