—Ah! non, je suis millionnaire.
—Peut-être quelques espérances d'ambition détruites?
—Je ne suis pas ambitieux.
—Ah! j'y suis, continua Ulric, c'est à cause du spleen, l'ennui....
—Ah! non, j'étais très heureux, très joyeux de vivre.
—Mais alors....
—Voici, monsieur, puisque cette confidence paraît vous intéresser, le motif de ma mort. Il y a deux ans, au milieu d'un souper, j'ai parié avec un de mes amis que je mourrais avant lui. La somme engagée est très considérable, et le pari est connu dans les trois royaumes. Et comme la mort n'a pas voulu venir à moi depuis ce temps, si je ne suis pas allé à elle dans une heure, j'aurai perdu mon pari.... Et je veux le gagner.... Voilà pourquoi....
Ulric resta stupéfait.
—Maintenant, monsieur, que vous avez reçu ma confidence, je vous rappellerai la promesse que vous m'avez faite, dit l'Anglais, qui, monté sur le tronc d'arbre, venait de se remettre la corde au cou.
—Un instant, monsieur, de grâce, je n'aurai jamais le courage.