Comme il mettait le pied dessus, Olivier porta le pistolet à son front et lâcha la détente.
On entendit le bruit sec causé par la chute du chien sur la cheminée.
—Oh! malheur! s'écria Olivier en retombant sur son lit la tête entre ses mains... la mort ne veut pas de moi!
Dans une visite domiciliaire faite dans la chambre huit jours auparavant, le pistolet avait été trouvé par son père, qui l'avait déchargé.
Olivier était resté seul. Cinq minutes après sa sortie, son père lui envoyait la servante avec une lettre et un petit rouleau d'argent.
La lettre contenait seulement ces mots: «Voilà cent francs. Sois parti demain.»
—Dites à mon père que je serai parti ce soir, répondit Olivier, et allez me chercher une voiture.
Il jeta au hasard dans une malle ses habits, son linge, tous ses papiers; il ramassa tous les souvenirs de Marie, éparpillés par l'ouragan de la colère paternelle, les enveloppa soigneusement, et ayant fait monter le cocher, il lui fit transporter sa malle dans la voiture.
En descendant l'escalier bien lentement, car il était faible et brisé par toutes ces émotions, il rencontra son père.
Ils s'arrêtèrent en face l'un de l'autre, et échangèrent cet adieu plein de vœux qui durent épouvanter le ciel: