—Diable... vous avez de la pluie pour les Danaés.... Mais, dit-il, je vous croyais en ménage... à ce que nous avait conté Urbain....
Comme Lazare disait ces mots, une marchande de marée, qui préparait son étalage, regardait Olivier avec admiration.
—Regarde donc, s'écria-t-elle en parlant à une commère, sa voisine, à qui elle désignait Olivier du doigt, regarde donc ce joli chérubin, Marie....
—Ah! quel amour!... répondit sa voisine en élevant sa lanterne....
Dans tout ce dialogue dont il était l'objet, Olivier ne distingua qu'un mot: Marie! et ce nom seul, arrivant juste au même instant où Lazare lui parlait de sa maîtresse, le rendit au sentiment de la réalité.
—Eh bien, dit Lazare... en le voyant tressaillir, qu'est-ce qui vous prend?
—Il est gelé, le pauvre enfant, fit la marchande de poisson...—Eh! la barbiche, ajouta-t-elle, en faisant signe à Lazare, qu'elle voulait désigner... amène-le un peu ici, ton ami.... Sa mère est donc folle, à ce pauvre cœur, de le laisser courir comme ça la nuit, ça fait pitié, quoi... amène-le, Barbiche.... Marie... va lui donner un peu de bouillon, ça le réchauffera. Pauvre petit, va! il a une figure de cire.... Eh! Marie, fais chauffer un bol.
—Oh!... murmurait Olivier, Marie... elle est donc ici, Lazare, mon ami... je vous en prie... laissez-moi la chercher... on vient de l'appeler... je la trouverai bien.... Laissez-moi....
—Bon, murmura Lazare... en lui-même et dans son langage pittoresque, je comprends, j'ai fait un beau coup, j'aurai marché sur ses cors.
—Eh bien, viens-tu donc? s'écria la marchande, qui tenait à la main une tasse de bouillon tout fumant.