—J'irai vous voir, dit Olivier en quittant Urbain.

Cette rencontre le laissa calme, et il rentra à la maison presque gai. Le lendemain, accompagné de Lazare, Olivier alla pour voir son père et lui demander de l'argent qui lui revenait. Son père était absent, mais il trouva la servante.

—Ah! monsieur, lui dit-elle, je suis bien contente de vous revoir. Voici une lettre pour vous. C'est une dame qui l'a apportée pendant que votre père n'y était pas, heureusement! Car il l'aurait déchirée comme il a fait des autres. Il était bien en colère après cette dame, et il m'a menacé de me renvoyer si je lui donnais votre adresse.

Olivier avait déjà ouvert la lettre. Elle était de Marie et ne contenait que ces mots:

«Depuis quinze jours que je suis libre, je vous ai écrit trois fois: Vous ne m'avez pas répondu, Olivier! Vous avez cru comme tant d'autres, sans doute, en me voyant arrêtée, que j'étais coupable. Pourtant on ne voulait de moi que des renseignements sur mon mari. Je ne savais rien, je n'ai pu rien dire. On m'a remise en liberté. Voilà quinze jours que je vous attends. Vous ne m'avez pas pardonné sans doute. Je vous attendrai encore deux jours à mon ancien logement. Si je ne vous vois pas je quitterai Paris. Mon départ est arrêté: j'ai vendu mes meubles. Je voudrais seulement vous dire adieu, et après vous resterez libre. Je vous jure que je n'ai pas revu Urbain et que je ne l'ai jamais aimé. J'ai souvent attendu, bien avant dans la nuit, devant la maison de votre père, comptant vous voir rentrer.... Mais vous ne rentriez pas.... C'est la dernière fois que je vous écris, et dans deux jours je serai partie. Au revoir, ou pour toujours, adieu.

—Quand vous a-t-on remis cette lettre? demanda Olivier à la servante.

—Il y a cinq ou six jours, répondit celle-ci.

—Il est trop tard! s'écria Olivier. Oh! mon père! Cependant il força Lazare à l'accompagner à l'ancienne demeure de Marie.

—Madame Duchampy est partie depuis quatre jours, dit le portier.

—J'aime mieux ça! murmura Lazare; et il emmena Olivier.