CHAPITRE PREMIER
DES LETTRES ET DE LA PRONONCIATION
Les Provençaux emploient les mêmes lettres que les Latins et les Français. Ils font sonner toutes les lettres et n’aspirent pas l’h. Aussi voyons-nous que la plupart des écrivains provençaux ont retranché dans leurs ouvrages les lettres finales qui ne se prononcent que lorsque le mot est suivi d’une voyelle.
DES VOYELLES
A. Se prononce comme en français.
E. Se prononce en provençal de deux manières: lorsqu’il se trouve à la fin des mots, il se prononce toujours comme l’é fermé du français; il est cependant d’usage de ne pas l’accentuer; l’è ouvert est toujours prononcé fortement, comme celui que nous indiquons par un accent circonflexe. Exemple: addusés, venguet, linge; prononcez: adûze, vêngué, lingé. Il faut même observer que l’e suivi d’une consonne se prononce toujours de même que s’il était seul. Ainsi, dans le mot venguet, que j’ai cité, il ne faut pas dire vangué, mais vé-ngué, comme nous prononçons ennemi et non pas annemi.
I. Se prononce comme en français, et il se prononce comme en latin dans les monosyllabes im, in et dans les mots qui en sont composés.
O. Cette voyelle dans les mots a la même prononciation qu’en français; mais, à la fin des mots, elle remplace l’e des Français. Ainsi il est reçu d’écrire verguo, qui se prononce comme vergue en français.
U. La voyelle u n’a rien de particulier, si ce n’est qu’il faut prononcer u dans le mot un comme nous le prononçons dans le mot une et ne pas le changer en la diphtongue eun, comme le font les Français.
DES DIPHTONGUES, ETC...
Les diphtongues sont l’union de deux voyelles qui ne forment qu’une syllabe. Voici les principales: