Les Quatre Saisons.—L’usage d’inaugurer ou célébrer par des réjouissances publiques ou familiales les quatre saisons de l’année a été conservé dans la campagne.

Le printemps.—Le paysan provençal est attentif à l’arrivée des hirondelles, dans lesquelles il a plus de confiance que dans le calendrier. Si l’un de ces oiseaux établit son nid sous le toit de sa maison, il s’en estime très heureux et fête avec des amis ce présage de bonheur.

Le 1er avril ramène périodiquement certaines plaisanteries consistant en messages trompeurs; on en profite encore pour servir au prochain, sous le couvert de l’anonymat, des vérités quelquefois très dures. Cet usage, connu sous le nom de Poissons d’avril, est un souvenir du temps où l’année commençait en avril. Les étrennes que l’on donnait alors furent reportées au 1er janvier, et l’on réserva pour le 1er avril des compliments ironiques à ceux qui n’avaient adopté qu’à regret le nouveau régime. Mais, comme c’est au mois d’avril que le soleil quitte le signe des poissons, les compliments, ainsi que les objets qui les accompagnent souvent, furent nommés Poissons d’avril. A la fin de ce mois, on plante dans les villages, devant la maison qu’habite une fiancée, un Mai d’amour. C’est une longue perche terminée par un bouquet de fleurs qui arrive au niveau de la fenêtre que l’on sait être celle de la chambre de la jeune fille; quelquefois, c’est un jeune peuplier garni de rubans qui s’offre à sa vue, lorsque le matin elle ouvre les volets. A ce moment, le prétendu, accompagné par des amis et des musiciens, exécute une aubade et chante un couplet en son honneur.

En voici quelques-uns appropriés à la circonstance et empruntés au langage des fleurs:

POUR UNE DÉCLARATION D’AMOUR

Bello, vous representi la faligouro;

Sabès qu’ell’ es bell’ en tout’ houro,

Encaro mai quand es flourido,

Vous amarai touto ma vido.

DOUTE OU SOUPÇON