[p. 27] Au dehors, les clochetons de l’abside forment une première couronne autour du chœur. La tour centrale du transept est maintenant décapitée; au XVIe siècle elle lançait sa flèche au-dessus de celles des deux tours qui encadrent le portail.
On a récemment satisfait au vœu depuis longtemps émis par les archéologues: une percée a permis de pénétrer jusqu’au palais de Guillaume et, d’autre part, dégagé le portail de Saint-Etienne qu’il est enfin possible de contempler avec le recul nécessaire. Ce portail est nu, ses trois portes sont simplement ornées de ces lacs géométriques caractéristiques du roman; d’étroites fenêtres en plein cintre rompent seules la monotonie de la façade.
Photo Neurdein.
L’École normale d’institutrices.
Les deux tours jumelles, qui dominent si bien le sévère édifice, sont romanes à la base, les flèches qui les surmontent, dissemblables par la disposition de leurs huit fillettes, se dressent audacieusement à une hauteur de 67 mètres et s’aperçoivent de toute la plaine de Caen. Avec l’abside de Saint-Pierre, mais dans un genre bien différent, elles constituent peut-être les deux chefs-d’œuvre artistiques de la ville.
Comme l’abbaye aux Dames, l’abbaye aux Hommes fut aussi une forteresse. Close de murailles sans doute dès les premiers temps de son histoire, elle s’entoura, après la prise de Caen en 1346, d’une véritable [p. 28] enceinte fortifiée avec des tours basses que représente fort bien le plan gravé par Etienne à la fin du XVIIe siècle. On en peut voir encore une partie vers l’Odon.
Le palais de Guillaume est devenu l’École normale; c’est un édifice gothique, bien postérieur à Guillaume par conséquent. La Salle des Gardes du duc, qui date du XIVe siècle, a servi de lieu de réunion à l’Echiquier de cette époque; elle est surtout célèbre par son carrelage.
Photo des Monuments historiques.