Vue générale de Bayeux.
BAYEUX
CHAPITRE PREMIER
ASPECT GÉNÉRAL
Coup d’œil sur son histoire et ses monuments.
Bayeux, pas plus que Caen, ne se présente dans un site imposant: la ville est jetée un peu au hasard, semble-t-il, au milieu de grandes plaines que dominent de toutes parts les tours de sa cathédrale. On serait embarrassé d’indiquer un point de vue qui donne un aspect d’ensemble. Le plus pittoresque est peut-ê̂tre celui qu’offre sur les rives de l’Aure la perspective de la cathédrale encadrée par les arches du viaduc du chemin de fer.
La cité des Bajocasses n’a sur Caen qu’un avantage, celui d’une incontestable antiquité. Elle apparaît dans l’histoire dix siècles plus tôt, et encore reléguons-nous dans le domaine des hypothèses amusantes la fondation de la ville en l’an 2200 avant Jésus-Christ par Samothès, roi des [p. 105] Gaëls. D’aucuns, plus précis et plus singuliers, placent cet événement en l’an 1993 avant l’ère chrétienne. A les en croire, la cité aurait pour père Belus, roi de Babylone, dont elle porterait encore le nom: Bellocassium, Bajocassium, Bajoca, Bajias, Bayex, Bayeux. Ne retenons de l’histoire si intéressante de cette ville, qui mériterait d’être traitée par un véritable savant, que ce qui est criblé au tamis d’une saine critique et ce qui est nécessaire pour comprendre ses monuments, leur apparition ou disparition successive sur le sol de la vallée de l’Aure.
Photo Neurdein.
Les bords de l’Aure.