Intérieur de la chapelle du grand Séminaire.
Ici, comme partout, le XVIIIe siècle a travaillé plus à modifier l’aspect des villes qu’à les achever et à les compléter. Il a vu le comblement des fossés, foyers d’infection, la destruction des murs et celle de l’ancien hôtel de ville situé rue Bienvenu ou des Cuisiniers, la désaffectation de nombreuses églises: Bayeux qui avait eu dix-sept paroisses, n’en comptait déjà plus que dix en 1790.
Photo Neurdein.
La Sous-Préfecture.
La Révolution devait naturellement porter un coup à une cité qui s’était trop volontiers limitée à une vie tout ecclésiastique; de nombreux mendiants qui vivaient de la charité des couvents, de l’évêque et du chapitre et avaient fait tiède figure à tous les efforts pour développer la vie industrielle se trouvèrent très dépourvus après la Constitution civile du clergé, la suppression des congrégations et la réduction à quatre du nombre des paroisses.
Ce n’est pas le lieu de raconter ici ce que fut la Révolution à Bayeux, [p. 123] si intéressant que soit ce chapitre de l’histoire municipale. Bornons-nous à rappeler que dès ce temps-là la ville s’annonce comme la patrie des archéologues; une Société des Amis des Arts s’y constitue. Lambert et d’autres se passionnent pour les fouilles que permettent la destruction du château, plus tard les travaux d’édilité autour de l’ancienne église Saint-Laurent. Ils préparent le nid d’Arcisse de Caumont, le grand archéologue normand à qui on a élevé une statue dans le jardin de l’Hôtel de Ville. La Sous-Préfecture est une des plus jolies de France, paraît-il. Le collège est heureusement situé, au milieu de beaux arbres, dans l’ancien couvent des Ursulines.
Bayeux, c’est avant tout la ville de la Cathédrale.
Photo Neurdein.