Le musée renferme aussi quelques classiques; on est surpris autant que charmé d’y trouver un portrait d’Anne de Montmorency attribué à Clouet, avec les trois couleurs qui forment le fonds de sa palette, le noir du costume, le blanc de la collerette, le rouge brique du visage; le connétable apparaît dans cette petite toile telle que l’histoire se le représente: dur, entêté et médiocrement intelligent. On attribue à Philippe de Champaigne le curieux portrait d’un inconnu, simple bourgeois ou petit gentilhomme. Le sujet, à vrai dire, est encore religieux par la physionomie du modèle, un vieillard aux traits creusés, au visage ascétique, chagrin, sombre, d’un homme préoccupé de l’au-delà, vraie figure contemporaine de la contre-réforme catholique, sœur de la Réforme, qui fit de ces bons vivants du XVIe siècle de dévots membres de quelque tiers-ordre, ou de quelque confrérie du Saint-Sacrement.
Pour ces quelques toiles, le musée de Bayeux mérite véritablement d’être visité et n’est pas indigne d’une ville d’art.
Photo Neurdein.
La Bibliothèque où est conservée la Tapisserie.
NOTES
[1] H. Prentout. Introduction à l’histoire de Caen. 1903.
[2] Pour plus de détails sur ces maîtres ignorés jusqu’alors et dont l’histoire avait été défigurée par Palustre, voir H. Prentout. Les Le Prestre, maçons caennais et les monmuents de la Renaissance. Bulletin de la Société des Beaux-Arts de Caen, années 1905 et 1908.
[3] Notes et études sur les églises de Saint-Pierre de Caen et de Notre-Dame-de-Froide-Rue. Caen, 1875, in-8°.