Elle comprit que, par « autre chose », il entendait quelque embuscade dans laquelle resterait le gênant personnage. Elle le rassura tout de suite sur la portée qu'il fallait donner à ses paroles.

— Il ne s'agit pas de s'en défaire violemment, expliqua-t-elle. Seulement, si on pouvait le forcer à se taire, soit par des menaces, soit par des promesses ; enfin, je ne sais pas, moi. Si je savais, je ne m'adresserais pas à vous.

Elle avait trouvé bon de confondre les intérêts de Gustave avec les siens, en lui faisant supposer que le peintre était au courant de leur complicité dans l'affaire du faux. Elle s'épargnait ainsi la honte et surtout l'inconvénient d'avouer à Gustave son séjour chez la Coffard, qui, aussitôt instruite, se serait fait une douce joie de partir sur la piste de son ancienne pensionnaire.

— Des promesses! des promesses! répétait Gustave, n'y songez pas. C'est nous mettre tous les deux pieds et poings liés dans les griffes de quelque maître-chanteur. Je connais ces types-là. Ils commencent par vous demander cent sous et ils finissent par exiger vingt mille francs.

— Alors, que faire?

— C'est à voir, conclut-il. D'abord, comment s'appelle-t-il, cet oiseau-là?

— Je ne le connais que sous son nom de Gérald, répondit-elle. Mais ce doit être un simple prénom.

— Comme Gustave, appuya-t-il. Et vous dites qu'il est?…

— Peintre. Il a même sans doute un certain talent, car il a déjà travaillé pour de bonnes maisons.

— Un confrère! dit le monogrammiste. Je dois le connaître… au moins de vue. Est-ce qu'il a déjà exposé?