Je songeai aussitôt à la dame en blanc au chapeau de cerises et je l'évoquai dans cette clairière à la porte du pavillon. Déjà mon imagination travaillait sur un nouveau thème.

—Oh! moi, fit le vieux avant d'avaler la cuillerée qu'il tenait à la main, les femmes, je m'en f…

Les yeux de grand-père s'injectèrent de fureur, et je crus qu'il allait bousculer le bonhomme et son pot. Il leva la séance incontinent sans un mot de plus. Mais, en s'en allant, il me prit à témoin de la grâce du lieu:

—Tout de même, ici, comme c'est doux et sauvage! Les arbres n'ont pas changé. Il n'y a qu'eux.

Je n'ai jamais su l'aventure du pavillon. Mais, un jour que nous passions devant le château branlant du colonel, un autre souvenir, moins direct sans doute, lui revint à la mémoire, et, sans préparation, il me raconta:

—On l'appelait la belle Alix.

—Qui ça, grand-père?

—Elle a demeuré là. C'était sous l'Empire.

—Vous l'avez vue, grand-père?

—Oh! moi, non. C'est trop ancien. Je parle de l'Empereur premier. Ceux qui l'ont vue, c'étaient des vieux quand j'étais jeune. Ceux qui l'ont vue, rien qu'à dire son nom, éclataient d'orgueil.