—Lui avez-vous pardonné?
—Il ne me l'a pas demandé.
—C'est qu'il souffre.
—Oui, peut-être. Le sort le frappe cruellement. Lui, du moins, l'avait provoqué.
—Souvenez-vous de maman.
Il se pencha pour embrasser le front de sa fille.
—Ne me demande pas d'être faible, Marguerite. Je l'ai visité deux fois à la prison. Je l'ai trouvé muré dans son orgueil. Il ne m'a témoigné aucun regret de sa conduite qui nous a causé tant de maux. Je n'attends qu'un mot de lui pour lui pardonner, et nous n'échangeons que des propos insignifiants.
—Avec moi, il pleure sur notre mère. Avec vous, il n'ose pas.
—C'est à moi de l'attendre. Je l'attendrai.
Marguerite inclinée ne vit pas la douceur triste qui, répandue sur le visage vieilli, atténuait la fermeté des paroles. Elle répéta: