—Je vous remercie, Raymond, dit-elle sans craindre de l'appeler par son nom, comme autrefois. Je suis touchée, profondément touchée.
Ce n'étaient pas tout à fait les paroles qu'il attendait d'elle. Il la considérait dans une extase inquiète, suppliante. Comme elle se taisait, il murmura timidement:
—Pourquoi me remercier puisque je vous aime? Il me semble que vous aimer c'est valoir mieux…
Et il ajouta comme un soupir:
—Marguerite, vous voulez bien être ma femme?
Il lut sur le beau visage exsangue la compassion et la douleur.
—Raymond, je ne puis pas.
—Vous ne pouvez pas? Alors… alors vous en aimez un autre.
—Oh! mon ami.
—Oui, vous en aimez un autre. Un autre qui n'a pas été lâche comme moi, qui a su vous deviner, vous comprendre, vous mériter, tandis que moi j'ai perdu mon bonheur par ma faute. C'est juste, mais cela fait mal quand on aime.