—Pleuré? Oui, j'ai le coeur arraché. Pourtant je ne pleure pas. Demain soir, je serai libre de pleurer tout mon saoul. Jusque-là, je ne verserai pas une larme.
Marguerite, un peu effrayée de l'exaltation qui éclairait et rajeunissait le cher visage sur lequel elle avait suivi tant de fois la progression de leurs désastres de famille, en profita néanmoins sans retard pour achever son oeuvre de réconciliation:
—Père, Maurice réclame sa place dans votre coeur.
—Il ne l'a jamais perdue.
—Je le savais bien. Lui pardonnez-vous?
—Il y a longtemps que je lui ai pardonné.
—Ah!
—Le soir de son retour, petite. As-tu douté de ton père?
—Oh! non. Pourquoi ne pas lui dire?
—Il ne me l'avait pas demandé.