Jeanne éclata en larmes. Déjà Marguerite exaltée mettait son chapeau et son voile.

—Je suis sûre que père a besoin de cette lettre. Je ne puis pas hésiter.

Cétait, dans la famille, entre les morts et les vivants une connivence mystérieuse qui les unissait à travers le temps et lespace.

—Je vous accompagne, dit son amie, tout aussi résolue.

—Oui, venez. Avec vous, je serai plus brave.

Et les deux jeunes filles sélancèrent au dehors, longèrent le château dont la façade morose se réchauffait au soleil dhiver, suivirent des ruelles qui raccourcissaient la distance, et au delà du marché, atteignirent le Palais de Justice en quelques minutes.

—La salle des assises, monsieur? demanda humblement Marguerite au concierge.

—Là, madame, au rez-de-chaussée. Mais la salle est remplie. Vous ne pourrez pas entrer.

Jeanne Sassenay intervint avec assurance.

—Il faut, pourtant que nous entrions. Nous avons une lettre, une pièce à remettre à lavocat de laccusé. Une pièce importante.