Le procureur, M Vallerois, attiré par la curiosité, sétait placé derrière lavocat général, M. Barré, qui occupait le siège du ministère public. Il se porta en avant pour adresser quelques mots à son collègue du parquet, mais celui-ci parut écarter un avis importun et se contenta de dire quil sen rapportait à lappréciation de MM. les jurés dans une affaire introduite sur la plainte de la partie civile et déjà jugée par contumace.

—La parole est à la défense, reprit le président dun ton plus éveillé, qui montrait son contentement déviter un discours.

Me Hamel, assis à côté de M. Roquevillard, demanda à son confrère:

—Êtes-vous prêt?

—Mais oui. Pourquoi?

—Alors, parlez le premier. Si cest nécessaire, je vous suppléerai.

M. Roquevillard comprit que le vieillard, encore chancelant sous une attaque dont ses vieilles traditions nadmettaient pas les procédés, réservait son effort pour le cas où la défense serait paralysée par lémotion, inférieure ou incomplète.

—Bien, approuva-t-il.

Pendant ces conciliabules, les conversations particulières recommençaient peu à peu, de-ci de-là, dans le public, sétendaient comme la poussière après le passage dun convoi.

—Les Roquevillard, constata. lavoué Coulanges qui tenait pour M.
Frasne, ne se relèveront jamais de telles blessures.