Dans son désarroi, l'ancien clerc de l'étude Frasne, rassemblant toutes ses notions de droit, cherchait à raisonner:
—C'est toujours une donation. Une donation de lui. Et une donation est révocable en cas de divorce.
—Pas la mienne, je te jure, assura-t-elle à tout hasard.
—Tâche de réfléchir, Édith. C'est tellement grave que ma vie est en jeu.
—Ta vie?
—Oui. Ou mon honneur. C'est la même chose. Cette dot, est-ce toi qui l'administrais, qui en touchais les revenus?
—C'était moi.
Aux aguets, elle avait deviné dans quel sens il fallait répondre, et se précipitait dans le mensonge avec avidité. La donation de cent mille francs que M. Frasne lui avait consentie était bien sa propriété en effet, mais sous l'administration et le contrôle du mari. Elle n'eût pas résisté aux suites d'une action en divorce. Dans tous les cas, Mme Frasne n'en avait pas la libre disposition, elle n'en pouvait opérer seule, le retrait. Mais que lui importaient ces arguties?
Cependant il continuait, implacable comme un juge d'instruction:
—Cette dot, où était-elle déposée?