Elle est là, elle, l’Ennemie, avec sa tête altière et ses yeux obscurs de revendications. Elle est là... La jeune lumière nacre sa chevelure massive. La longue ligne blanche de sa robe serpente entre les troncs argentés, et de grandes lunes d’ombre bleuâtre choient sur le tissu pâle.
—Est-ce de nous quitter? Pourquoi partez-vous sans nous dire adieu? Moi, je tenais à vous dire adieu...
—Adieu donc, madame... Mais, retournez vite là-bas; votre absence ferait manquer toutes les fêtes.
Elle ne bouge pas. Sa main joue distraitement avec le sautoir qui fait un bruit d’écailles à son col. Au bout du sautoir, il y a un cœur d’or, un de ces bijoux du pays que les petites filles nues portent comme un hochet.
—Pourquoi me parlez-vous comme un mal élevé? Est-ce parce qu’hier soir je vous ai négligé? Mais, hier, j’appartenais au protocole! J’étais une horrible chose officielle... Et voyez à quelle heure il faut sortir du lit, pour vous trouver!
Maintenant le sourire est à sa bouche, comme la flèche sur l’arc bandé. Elle fait un pas, étend la main vers le marais éblouissant.
—Que regardiez-vous donc avec tant d’allégresse?
—Je me retourne à demi. J’allonge le bras à mon tour:
—Ceci.
Elle suit l’indication de mon doigt et fait une moue d’enfant amusé.