C’est vrai. On connaît mal le comte de Faulwitz. Je le connais un peu mieux peut-être, depuis un tout petit incident de la cérémonie de mes adieux au Lotus blanc.
Je venais de baiser respectueusement la main de madame de Faulwitz et de lui souhaiter une heureuse traversée, jusqu’à Bangkok.
Elle avait ri—encore!
—J’ai un porte-bonheur pour la traversée. Regardez-le.
Prestement elle avait fait glisser le long de son poignet le bracelet noir, que je savais venu du lac à ma-kouis des monts Cardamomes.
Tandis que j’admirais avec politesse, M. de Faulwitz s’approcha de nous, très souriant.
—Quel triste bijou portez-vous là, chère amie?
La belle Elsa rougit imperceptiblement, puis, vite, recomposa son visage aigu de petit sphinx féminin et, me reprenant le bracelet, en fit chatoyer les transparences dans la lumière.
—C’est un cadeau, dit-elle, de l’air le plus délibéré du monde, et j’étais justement en train d’expliquer à monsieur de Tourange que la propriété de cet objet est de flotter, s’il tombe à l’eau, tant la pierre en est légère!
M. de Faulwitz souriait toujours.