—Qui? fit innocemment Ariadne.

—Moi! répondit Olga en s'accoudant sur son oreiller.

—Toi! répéta Ariadne d'un air rêveur, mais moins étonnée que son amie et elle-même l'auraient pensé. Toi! C'est pour cela que tu as été si bonne!

—Tu m'en veux beaucoup, dis? fit Olga en lui secouant fortement la main.

—Non, répliqua lentement Ariadne, non... tu m'as montré beaucoup d'amitié... et ce n'est pas toi qui m'as fait renvoyer!

—Pour cela, non! s'écria Olga en s'asseyant dans son lit; non et non! C'est cette horrible Grabinof qui a tout inventé, et la supérieure, qui ne valait pas mieux, savait très-bien que c'était moi!

Alors la jeune princesse raconta à son humble amie les scènes qui avaient accompagné son départ, et elles finirent par rire toutes deux au souvenir des niches sans nombre faites alors à leurs dames de classe.

Les souvenirs d'enfance, même ceux des plus mauvais jours, ont la propriété de tourner facilement au comique.

Malgré la gravité de la confession d'Olga, malgré les tristesses de toute sorte que cette confession remuait dans le cœur d'Ariadne, la princesse, en venant s'assurer de l'état de sa fille, les trouva toutes deux en train de rire jusqu'aux larmes.