La princesse leva l'index d'un air de commandement; il chercha un prétexte et le trouva.
—On a dit entre jeunes gens, reprit-il, que les demoiselles de l'institut, en général, étaient mal élevées... Je n'ai pu supporter ce dire, qui m'a semblé une injure pour... pour plusieurs maisons que... où j'ai l'honneur d'être admis...
—Notamment la mienne, interrompit la princesse avec un signe de tête approbateur tout à fait grave et digne.
En ce moment, Ariadne entrait sur la terrasse, où avait lieu cette conversation; elle s'arrêta, surprise de la tenue peu héroïque de Ladof, qui avait assez l'air d'un chien de chasse attendant une correction méritée.
—La vôtre, certainement, princesse... et aussi...
—Ainsi, vous avez compromis tout un institut! ajouta gaiement la princesse. Qui de vous deux est mort? ajouta-t-elle d'un ton très-calme, ce qui acheva Constantin.
—Mais, princesse, personne, comme vous le voyez...
La princesse éclata de rire, mais si bien que sa fille ne put résister à la contagion, et cacha son beau visage empourpré dans son mouchoir.
—Vous vous êtes battu, monsieur? dit Ariadne à Ladof d'une voix un peu tremblante.