—Oui, répondit Ariadne.
Sa voix semblait venir de très-loin.
Elle pensait:
—Je suis de trop en ce monde, et Olga évidemment a été placée sur mon chemin pour me l'apprendre; une première fois, j'ai souffert pour elle; aujourd'hui, l'homme que j'aimais l'a choisie. Je suis un être inutile... L'art m'a trompée... Je ne puis plus chanter... Quelle sera ma vie?...
Une idée superstitieuse s'empara d'elle.
—Mon heure est venue. Je vais connaître ma destinée; si je dois vivre, mon étoile me conduira vers le salut; si je dois mourir...
Elle n'acheva ni sa phrase ni sa pensée. Elle fit deux ou trois pas dans la brume opaque, les mains en avant, comme pour écarter les obstacles...
—Ariadne! cria Olga.
Rien ne lui répondit.
Le brouillard s'éclaircissait; on voyait déjà une lueur jaune dans le ciel qui indiquait l'endroit où brillait le soleil.