II

La leçon terminée, la classe tout entière s'envola dans les vastes corridors qui servent de promenoirs, et, naturellement, la gamme chromatique fut le sujet de tous les entretiens. Ariadne, pour la première fois depuis sept ans qu'elle habitait l'institut, se vit entourée et pressée de questions.

—Pourquoi as-tu chanté? Tu voulais lui faire niche, dis? Est-ce que tu avais parié que tu chanterais?

—Non, répondit une grande brune aux yeux moqueurs; c'était pour séduire le maître par les accents enchanteurs de sa voix.

Ariadne secoua négativement la tête.

—Je ne veux séduire personne, moi. Je sais très-bien que je n'ai rien de séduisant, mais j'aime à chanter, cela me fait du bien, et, quand l'envie m'en prend, c'est plus fort que moi, il faut que je chante.

—Quelle poseuse! crièrent en chœur les compagnes charitables. Tu sais que cela ne va pas passer comme cela. La Grabinof est allée faire son rapport à madame l'inspectrice; tu peux t'attendre à être mandée chez madame la directrice! On va peut-être te renvoyer!