Là-dessus, la directrice quitta le salon, et, quelques instants après, Ariadne entra, le front serein, le regard franc.
—Vous me connaissez, mademoiselle, dit madame Sékourof en admirant la pureté de ce beau visage honnête.
—Je crois, madame, vous avoir vue ici... C'est vous qui m'avez fait chanter?
—Précisément. Seriez-vous bien aise, mademoiselle, de vous consacrer exclusivement au chant avec un bon maître?
—Oh! madame! fit Ariadne en joignant les mains.
Elle leva les yeux sur la bonne dame, et resta muette de joie...
—Je ne suis pas riche, et je puis peu de chose pour vous; mais si vous voulez vous contenter d'une existence très-modeste, vivre de peu, vous priver absolument de toilettes et de plaisirs, je puis vous mettre à même d'apprendre l'art du chant, avec des maîtres capables, qui vous prépareront pour le théâtre si vous avez des aptitudes suffisantes.
—Le théâtre! répéta Ariadne, le chant! Madame, vous ne plaisantez pas?
—Je parle sérieusement. Si vous n'êtes pas capable d'atteindre ce but, il faudra vous résigner à gagner votre vie, à donner des leçons...