—Et d'ici là, que vas-tu faire?

—Travailler! Quatre heures de chant par jour, deux heures de piano, et le reste du temps se trouve vite passé en travaux de ménage et en lectures avec madame Sékourof.

—Tu travailles au ménage! Mais une créature comme toi devrait planer au-dessus de ce monde et n'y descendre que pour charmer nos oreilles, à nous autres mortels! Tu n'es pas une mortelle, toi, tu es une déesse!

—Il faut travailler cependant, reprit doucement Ariadne.

Olga réfléchissait; son beau visage avait pris une expression de douceur et de regret qui l'embellissait encore.

—Dis-moi, fit-elle, non sans hésitation, n'as-tu jamais eu de désagréments pour cette sotte histoire,—ta sortie de l'institut?

—Des désagréments? Pourquoi? Personne ne m'aimait assez pour me gronder de m'être fait renvoyer avant la fin de mes études... qui donc eût pu me faire des désagréments?

Olga regarda sa compagne; elle parlait de l'air le plus innocent.

—Alors, continua-t-elle, personne ne t'en a jamais parlé?