—Viens me voir! dit humblement Olga qui se sentait bien petite devant l'infortune de sa compagne.
—Non, je ne dois pas aller te voir; d'ailleurs, ta mère ne le permettrait pas.
Olga s'était levée; elle restait debout, indécise, et semblait écouter une voix qui lui parlait intérieurement...
—Au revoir! dit-elle brusquement.
Elle embrassa son amie et disparut.
Ariadne entendit au bout d'un moment le bruit des roues de son équipage.
—Je n'ai plus personne au monde! dit-elle tout haut.
Le ton de sa voix l'effraya; elle était déjà accoutumée à la solitude.
Elle fit quelques tours dans l'appartement désert dont presque tous les meubles avaient été enlevés par les héritiers avides, et, sentant l'amertume grandir et bouillonner au dedans d'elle-même, elle allait lui donner cours en larmes et en paroles véhémentes, lorsqu'elle baissa la tête avec soumission, comme devant une main invisible.