--Merci, dit-elle, quand il eut fini. La bonne soirée! Je me suis bien amusée!
Sophie et son frère les avaient rejoints; Dosia remarqua l'expression sérieuse de leurs visages.
--Vous paraissez souffrants, dit-elle avec cet intérêt spontané qui la rendait si sympathique.
--Qu'importe! gronda Platon, pourvu que vous vous amusiez!...
--Nous ne faisions pas de mouvement, nous, ajouta la princesse avec douceur nous avons eu froid.
--Je vous demande pardon, murmura Dosia repentante, je suis une égoïste...
Les grandes duchesses se retiraient, et la foule leur faisait cortège, avec des torches, jusqu'à leurs voitures. Nos amis durent attendre quelques minutes. La glissoire presque déserte semblait plus sombre, par contraste avec les flammes de Bengale qui brûlaient en ce moment sur le quai; Dosia fit un retour mélancolique sur son plaisir si soudainement interrompu.
--Aucune joie ne dure, se dit-elle. Comment se fait-il que je ne fasse de mal à personne et que, pourtant, je mécontente tout le monde?
Elle revint au logis sans avoir rompu le silence. Le lendemain elle s'excusa auprès de la princesse de son étourderie, de son manque de souci pour ceux qui étaient si bons envers elle... C'est avec des larmes brûlantes qu'elle s'accusa d'égoïsme.
La princesse la consola de son mieux et profita de l'occasion pour lui faire une petite semonce.