Il donna une véhémente accolade à Sourof ébahi et disparut, accompagné d'un grand cliquetis de sabres et d'éperons sur les marches de pierre de l'escalier.
Platon rentra chez lui fort perplexe, et au bout de cinq minutes il prit le parti d'aller voir la princesse.
Celle-ci le reçut au salon. Elle avait le visage rosé; ses yeux brillaient d'une joie profonde; elle offrait, en un mot, l'image de la félicité.
Dosia, assise au piano, tapait à tour de bras un galop d'Offenbach.
--Quelle gaieté! fit Platon, qui resta pétrifié au milieu du salon.
--C'est l'air de la maison, monsieur Platon! s'écria Dosia sans s'arrêter; nous sommes gaies ici, très gaies!
Le piano couvrit sa voix et ses rires. Platon alla s'asseoir près de sa soeur, le plus loin possible du redoutable instrument.
--Tu as vu Mourief? dit-il.
--Oui, mon ami.
--Eh bien! qu'y a-t-il de vrai?