Clémentine continuait à se balancer; moi aussi. Une grosse chenille tombe sur ses cheveux.

--Permettez, ma cousine, lui dis-je; vous avez une chenille sur la tête.

Elle inclina sa jolie tête vers moi, et je m'efforçai de dégager cette sotte chenille des cheveux frisés et rebelles où elle s'accrochait. Ce n'était pas tâche aisée; la maudite créature rentrait et sortait ses pattes d'une façon si malencontreuse que j'avais grand'peur de tirer ces beaux cheveux châtains. Mes mains, d'ailleurs étaient fort maladroites. Je réussis pourtant.

--Voilà qui est fait, ma cousine, lui dis-je.

Je me sentais fort rouge. Elle n'avait pas bronché.

--Merci! dit-elle.

Et nous recommençâmes à nous balancer.

Je ne sais quel lutin se mêlait de nos affaires;--une seconde chenille tomba, cette fois sur l'épaule de Clémentine. Je la saisis sans crier gare, et j'eus le temps de sentir la peau tiède et souple sous la mousseline de son corsage.

--Il en pleut donc? dit-elle tranquillement en levant les yeux vers l'arbre.

--Allons-nous-en, lui dis-je, mû par une certaine envie de l'entraîner dans les allées désertes et ombragées du vieux jardin.