--Cet imbécile? proféra-t-il sans ménagement aucun.

--Oui, répondit Dosia d'un ton plein d'innocence.

Le sucre grinçait sous le couteau.

--Pour l'amour de Dieu, s'écria Platon, cessez d'écraser ce sucre; vous me faites mal aux nerfs!

--Je ne suis pas nerveuse, répondit Dosia d'un air plein de commisération pour les gens nerveux.

Elle se leva pourtant, de peur de tentation, et recula sa chaise, abandonnant le sucre à une mouche, précoce éclose entre les rideaux.

Mais en quittant sa place, elle perdit la parure de son rayon de soleil, et l'appartement sembla devenir sombre.

--En général, reprit Dosia, se décidant enfin à s'expliquer, croyez-vous que je doive me marier, que je sois assez raisonnable pour entrer en ménage?

Platon ne put s'empêcher de rire.

--Assez raisonnable? dit-il Cela dépend. Quand vous n'écrasez pas de sucre, vous êtes fort acceptable.