--Oui, je vous estime quelque peu, répondit Platon en souriant aussi. Vous êtes comme Bayard: vous avez sauvé votre semblable.

--Oh! quelle vétille! s'écria Dosia.

--Je n'en ai pas fait autant! mais comme je suis plus sage que vous, cela rétablit un peu la parité. Vous rappelez-vous ce jour où nous sommes tombés d'accord qu'il vous faudrait un mari très-sage?

--J'ai bien pleuré ce jour-là! murmura Dosia.

--Vous ne pleurerez plus. Me trouvez-vous assez sage pour être votre mari?

Dosia le regarda, lui tendit les bras, puis, par un mouvement de pudeur virginale, les replia sur sa poitrine et s'affaissa dans le fond du fauteuil, toute pâle, mais sans le quitter des yeux.

Il l'enleva et l'entraîna,--la porta presque,--jusque dans la maison.

Madame Zaptine eut alors une belle occasion de lever les bras au ciel à cette apparition incongrue, mais elle la manqua. Sophie la prévint d'un mot.

--Je crois, chère madame, dit-elle tranquillement, que mon frère à quelque chose à vous communiquer.

--Madame, dit Platon, veuillez m'accorder la main de mademoiselle Théodosie.