--Vous avez l'air d'un vol d'hirondelles perchées sur un fil télégraphique, dit-il en se délectant à cette vue; ma tante surtout, par sa diaphanéité.
Madame Zaptine rit de bon coeur; elle était si contente ce jour-là qu'elle avait oublié d'être malade. La balançoire se mit en branle. Mourief les regardait sauter d'un air amusé.
--Dis donc, Dosia, s'écria-t-il, te souviens-tu? l'an dernier...
Il s'arrêta vexé, craignant d'avoir fait une sottise.
--Oui, je m'en souviens, répondit Dosia en regardant Platon. Tu n'étais pas aussi aimable qu'aujourd'hui! Allons, viens aussi faire un tour de balançoire.
Pierre jeta sa cigarette, vint s'asseoir près de Sophie et donna une vigoureuse impulsion à la planche lourdement chargée. Au milieu des rires chacun prit le mouvement.
--Vous allez casser la balançoire, criait madame Zaptine en faisant de vains efforts pour s'arrêter.
--Ça ne fait rien, ma tante, répondit Mourief. Allons! Hop! hop! en famille!