--Pourquoi te dépêches-tu tant à ce travail maussade? dit le jeune homme. Rien n'est plus déplaisant que ce grincement de papier.

--C'est pour avoir fini, mon grand frère, répondit Sophie en riant.

Elle coupa rapidement les dernières pages, puis reposa le volume sur la table.

--Enfin! dit-elle avec satisfaction. As-tu déjeuné?

--Non.

--Veux-tu quelque-chose?

--Quand tu déjeuneras, je t'aiderai vaillamment, pais je puis attendre.

La princesse sonna, donna quelques ordres, puis, prenant une tapisserie, revient à sa place. Platon la suivait des yeux.

--Il y a longtemps que je te connais, dit-il en souriant, et tu m'étonnes toujours. Quand est-ce que tu ne fais rien?

--Quand je dors, répondit la princesse en riant. Et encore il m'arrive parfois de rêver... Et toi, dis-moi un peu pourquoi tu t'es si fort pressé de me rendre ma visite?